Abandon de frais kilométriques : le don qui réduit l'impôt

Publié le 18 juillet 2026 Kilometrack

À jour au 18 juillet 2026 — vérifié sur legifrance.gouv.fr. Les sources officielles sont listées en bas de page.

Abandon de frais kilométriques : du kilomètre au reçu fiscal

L'abandon de frais kilométriques est le mécanisme fiscal qui permet à un bénévole de renoncer au remboursement de ses trajets et de les convertir en don : l'association ne décaisse rien, et le bénévole récupère 66 % — parfois 75 % — du montant abandonné en réduction d'impôt. Le dispositif est prévu par l'article 200 du Code général des impôts, mais il ne tient que si une chaîne précise de conditions et de preuves est respectée, du relevé de kilomètres jusqu'au reçu fiscal.

Une créance transformée en don

Quand un bénévole prend sa voiture pour une collecte, un entraînement ou une tournée de distribution, l'association lui doit en principe le remboursement de ses frais — c'est le circuit classique du défraiement des bénévoles. L'abandon de frais inverse la logique : le bénévole détient une créance sur l'association et choisit d'y renoncer. Fiscalement, cette renonciation vaut versement d'un don, au même titre qu'un chèque.

La loi pose quatre verrous, tous cumulatifs :

  1. Des frais engagés dans le cadre d'une activité bénévole, sans rémunération ni contrepartie d'aucune sorte.
  2. Des frais strictement liés à l'objet social de l'organisme : le déplacement personnel glissé dans le lot est exclu.
  3. Une renonciation expresse au remboursement, formalisée par écrit.
  4. Des frais dûment justifiés et constatés dans les comptes de l'association — le trésorier enregistre la dépense abandonnée comme il aurait enregistré le remboursement.

S'y ajoute une condition côté structure : l'organisme doit relever des catégories éligibles au régime des dons, celui de l'intérêt général. Une association qui ne peut pas recevoir de dons ouvrant droit à réduction ne peut pas davantage convertir des frais abandonnés.

66 % ou 75 % : ce que vaut l'abandon

Le montant abandonné suit exactement le régime des dons en argent.

Organisme bénéficiaire Taux de la réduction Limite
Organisme d'intérêt général 66 % 20 % du revenu imposable
Organisme d'aide aux personnes en difficulté 75 % 2 000 € de dons par an depuis le 14 octobre 2025 (1 000 € avant cette date), puis 66 % au-delà

Le relèvement du plafond à 2 000 € vient de la loi de finances pour 2026 et s'applique dès les dons effectués depuis le 14 octobre 2025 : il joue donc déjà pour la déclaration des revenus 2025. Et si l'ensemble des dons d'une année dépasse la limite de 20 % du revenu imposable, l'excédent n'est pas perdu : il se reporte sur les cinq années suivantes.

Quel barème pour les kilomètres d'un bénévole

C'est le point qui a changé et que beaucoup de pages associatives présentent encore mal : les kilomètres d'un bénévole s'évaluent aujourd'hui avec le barème kilométrique des salariés. L'article 200 du CGI renvoie directement au barème forfaitaire de l'article 83 — celui-là même qui sert aux indemnités kilométriques en entreprise. L'ancien tarif spécifique aux bénévoles, un montant unique au kilomètre quelle que soit la voiture, a disparu : puissance fiscale, tranches de distance et majoration de 20 % pour les voitures électriques s'appliquent désormais aussi au monde associatif.

Le barème présente un double intérêt pour le bénévole : il dispense de collectionner les factures de carburant et d'entretien, et il valorise le kilomètre bien au-delà du seul plein d'essence. Il exige en retour que le véhicule appartienne au bénévole et que les distances soient établies. Les coefficients, reconduits sans hausse en 2026, sont détaillés dans le tableau du barème kilométrique.

Un exemple pour fixer les ordres de grandeur. Une bénévole parcourt 1 500 km dans l'année pour son club, avec une voiture de 4 CV : 1 500 x 0,606 = 909 € de frais abandonnables. Si le club est un organisme d'intérêt général, la réduction d'impôt atteint 66 % de cette somme, soit 599,94 €. Si la même distance est parcourue pour une association d'aide alimentaire, le taux de 75 % porte la réduction à 681,75 € — l'intégralité tenant sous le plafond de 2 000 €.

La marche à suivre, du carnet de trajets au reçu fiscal

Le circuit mobilise les deux parties, et chacune a son document à produire.

Côté bénévole : établir une note de frais détaillée — dates, motifs, distances pour les kilomètres, pièces jointes pour le reste — puis y porter la renonciation. L'administration fournit elle-même le modèle de mention : « Je soussigné (nom et prénom de l'intéressé) certifie renoncer au remboursement des frais ci-dessus et les laisser à l'association en tant que don ». Au printemps suivant, le montant abandonné se déclare dans la rubrique des réductions d'impôt, comme n'importe quel don.

Côté association : vérifier les justificatifs, enregistrer les frais abandonnés en comptabilité, délivrer le reçu fiscal, puis archiver l'ensemble — déclaration de renonciation et pièces justificatives, détail des kilomètres compris. La note de frais du bénévole ne disparaît pas parce qu'elle n'est pas payée : elle devient la pièce qui fonde le reçu.

Le reçu de complaisance : le risque qui pèse sur l'association

Le maillon fragile du dispositif n'est pas le bénévole, c'est le reçu. Un trésorier qui signe des reçus fiscaux sur des kilomètres estimés de mémoire, arrondis à la louche ou tout simplement invérifiables engage la responsabilité de sa structure. L'article 1740 A du CGI sanctionne la délivrance sciemment irrégulière de documents ouvrant un avantage fiscal : l'amende est calculée au taux de la réduction d'impôt, sur les sommes indûment mentionnées. Concrètement, un reçu de complaisance de 1 000 € à 66 % expose l'association à 660 € d'amende — par reçu.

Le fisc dispose en outre d'un pouvoir de contrôle sur place des organismes émetteurs de reçus. Le scénario à éviter est le même que pour un contrôle URSSAF sur des indemnités kilométriques : des montants réguliers, un dossier vide. Des frais réels, justifiés, tracés trajet par trajet ne posent aucun problème ; des forfaits habillés en frais en posent toujours.

La preuve kilométrique, socle du reçu

Toute la solidité de l'abandon de frais repose sur une donnée : des kilomètres datés, motivés, rattachés à l'activité de l'association. C'est vrai au moment de délivrer le reçu, et c'est encore vrai trois ans plus tard si l'administration interroge la réalité des trajets.

Un reçu fiscal ne vaut que ce que vaut le relevé de kilomètres qui le fonde. Kilometrack ne calcule pas vos réductions d'impôt et n'édite pas vos reçus fiscaux : il construit, trajet par trajet, le relevé horodaté et motivé qui leur sert de socle — pour vos bénévoles comme pour vos salariés, dans un même outil que le trésorier consulte en deux clics. Essai gratuit, sans carte bancaire.

Pour aller plus loin : le circuit complet du remboursement des frais de bénévoles et le risque de requalification, le tableau du barème kilométrique 2026 pour chiffrer les trajets, le cadre général des indemnités kilométriques, ou l'ensemble de nos guides.

On met un point d'honneur à garder ces informations exactes et à jour. Si quelque chose vous semble faux ou périmé, dites-le nous : on corrige vite.

Questions fréquentes

L'abandon de frais concerne-t-il uniquement les kilomètres ?
Non. Tout frais engagé par un bénévole pour l'objet de l'association peut être abandonné : billets de train, achats de matériel, péages. Les kilomètres en voiture personnelle en sont simplement le cas le plus fréquent, et le seul qui s'évalue au barème plutôt que sur facture.
Quel barème kilométrique s'applique aux bénévoles en 2026 ?
Celui des salariés. L'article 200 du CGI renvoie au barème forfaitaire de l'article 83 : coefficients par puissance fiscale et tranche de distance, majoration de 20 % pour les voitures électriques. L'ancien tarif spécifique aux bénévoles n'existe plus.
Que doit écrire le bénévole pour renoncer au remboursement ?
Une mention expresse sur sa note de frais. L'administration propose la formule : « Je soussigné (nom et prénom de l'intéressé) certifie renoncer au remboursement des frais ci-dessus et les laisser à l'association en tant que don ».
L'association prend-elle un risque en délivrant le reçu fiscal ?
Oui, si elle délivre sciemment un reçu sur des frais irréguliers ou invérifiables : l'article 1740 A du CGI prévoit une amende dont le taux égale celui de la réduction d'impôt, calculée sur les sommes indûment mentionnées sur le reçu.
Un bénévole peut-il être remboursé de certains frais et en abandonner d'autres ?
Oui. Le choix se fait frais par frais : un déplacement remboursé sort du dispositif, un déplacement abandonné y entre. Ce qui est impossible, c'est de cumuler les deux sur la même dépense — la réduction d'impôt suppose précisément d'avoir renoncé au remboursement.

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Sources

  1. Article 200 du Code général des impôts — legifrance.gouv.fr (consulté le 18 juillet 2026)
  2. Dons aux associations et organismes d'intérêt général — service-public.gouv.fr (consulté le 18 juillet 2026)
  3. Dons aux associations et réductions d'impôt : les nouvelles règles en 2026 — service-public.gouv.fr (consulté le 18 juillet 2026)
  4. Un bénévole peut-il être indemnisé des frais engagés pour une association ? — service-public.gouv.fr (consulté le 18 juillet 2026)
  5. BOI-IR-RICI-250-20 : dépenses ouvrant droit à réduction d'impôt (frais des bénévoles) — bofip.impots.gouv.fr (consulté le 18 juillet 2026)
  6. Article 1740 A du Code général des impôts — legifrance.gouv.fr (consulté le 18 juillet 2026)
  7. Frais professionnels : les barèmes kilométriques 2026 sont disponibles — service-public.gouv.fr (consulté le 18 juillet 2026)

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